J’avais vraiment adoré « 17 Fois Cécile Cassard » et quand j’ai appris qu’un nouveau film de Christophe honoré allait sortir, j’étais vraiment impatient. Je m’attendais un peu à retrouver un film dans la même lignée avec une mise en scène d’une grande beauté musclée par une bande originale somptueuse.
J’entendais encore les Lili Margot à la fin de la première œuvre du cinéaste alors qu’Emanuelle Béart ressouriait à la vie.
Premier constat : pour ce deuxième film l’ambiance est vraiment différente : écran blanc , pas de musique, c’est froid. La manière dont le tout est filmé est également différente, bienq ue cela reste magnifiquement mené, le style est plus direct. Comme à son habitude le cinéaste met en avant une actrice avec un rôle fort , cette fois ci c’est Isabelle Hupert qui s’y colle dans le rôle d’une mère face à l’amour sans limite que lui porte son fils. Un amour oedipien et démesuré mais surtout basé sur l’illusion. Car la maman du fils n’est pas la maman modèle : elle est certes classe et possède une aisance verbale évidente mais comme elle le dit elle même : c’est une chienne, une salope. Le film commence calmement mais plus on avance et plus le tableau s’obscurcit. La mère va traîner son fils dans la perversité, dans des pratiques sexuelles atypiques. Les images sont choquantes, crash, troublantes et ce jusqu’à la fin. Si vous voulez voir un film léger , vous vous êtes trompés de salle. On est ici bouleversés face à ces individus victimes de leur désir. Le terme victime se discute car la mère se complait dans sa situation et la revendique. Certains trouveront cela malsain, d’autres fantastique. Pour ma part, bien que l’on est loin du charme et de l’ambiance de 17 fois Cécile Cassard, j’ai adoré. Un film différent avec une nouvelle atmosphère plus rude mais qui donne un film puissant et bouleversant. Chapeau !